Authenticité de la foi chrétienne : la preuve par l’histoire de l’Église

Authenticité de la foi chrétienne :
la preuve par l’histoire de l’Église

Pour justifier l’islam et le concept de « Jésus musulman », on y accuse les chrétiens d’avoir corrompu son supposé « enseignement islamique » – cette hypothétique corruption étant attribuée aux Apôtres, ou à Saint Paul, ou à des « pagano-chrétiens » romains, ou à Constantin, ou aux conciles…
L’étude des origines de l’Eglise met cependant en lumière la fondation par les Apôtres eux-mêmes de dizaines d’Eglises, aux quatre coins du monde dans des lieux extrêmement éloignés et de cultures très différentes. Ces Eglises professaient toutes la même foi chrétienne (Symbole des Apôtres)
La foi chrétienne ne peut donc avoir été une invention tardive : elle provient des Apôtres eux-mêmes, et donc de Jésus. Les musulmans devront donc bien le reconnaître : Jésus n’a jamais été des leurs

croix-orientale

Souvent revient dans le discours musulman (et pas que dans celui-ci !) l’argument que la foi chrétienne reposerait sur des textes prétendument falsifiés, qu’elle serait une invention tardive, due à Saint Paul, aux pagano-chrétiens ou à Constantin, si ce n’est à de lointains conciles. On a alors beau jeu d’opposer la foi chrétienne à ce qu’aurait été « l’authentique enseignement réel » de Jésus ou de ses Apôtres, lequel aurait alors été dévoyé par l’Eglise en raison d’obscures logiques idéologiques ou de jeux de pouvoir (lesquels ne sont jamais explicités…). On peut comprendre cependant qu’un interlocuteur musulman tienne ce type de discours : pour lui, Jésus ne peut pas être Seigneur et Sauveur, mort et ressuscité pour lui donner la Vie et le délivrer du mal, puisque dans la foi islamique, Jésus était musulman et que l’islam est la seule voie de salut ! Dans son esprit, Jésus ne peut donc avoir fondé la foi chrétienne. L’islam la condamne d’ailleurs de façon impitoyable, comme ce qui lui apparaît être une effroyable imposture, un dévoiement de l’enseignement du vrai Jésus musulman !

Pourtant, tout ceci contrevient frontalement à l’histoire de la fondation de l’Eglise par Jésus Christ, laquelle est établie sur des faits : archéologie, textes profanes, textes chrétiens, témoignages et traditions des Eglises, tous passés au filtre de l’analyse critique.
L’association EEChO, spécialiste de l’étude du christianisme des origines, a ainsi publié un tableau synthétique de la fondation des Eglises dès le temps des Apôtres en y incluant les Eglises généralement oubliées dans les historiographies (occidentales) officielles : Empire romain, bien sûr (Rome, Egypte, Jérusalem…), mais aussi Ethiopie, Mésopotamie, Chine, Inde, Mer Noire, Caucase… [1]

Une telle variété d’Eglises, fondées aussi tôt, dès le Ier siècle, dans des endroits aussi éloignés et de cultures aussi différentes les unes des autres ne peut pas s’expliquer par l’activité missionnaire du seul Saint Paul, ou par celle d’une communauté de pagano-chrétiens romains opposée à ce qu’aurait été la « vraie foi » islamique de Jésus ou des Apôtres (que ce soit avant, pendant ou après Constantin – ou de lointains conciles). Elle ne peut s’expliquer que par l’activité des Apôtres et des premiers chrétiens eux-mêmes, selon ce que racontent les traditions des Eglises d’Orient, c’est à dire l’évangélisation du monde par l’évangélisation préalable de la diaspora juive.

En reprenant ces traditions, on y voit que les premiers disciples (les « 72 », les « 500 », les « 3000 »), et tout particulièrement les Apôtres (les « 12 ») sont allés visiter les communautés de la diaspora hébraïque répandue dans le monde entier connu de l’époque, dans les grandes villes et le long des routes commerciales, de l’extrême occident à l’extrême orient, du sud de l’Inde au nord de la Mer Noire. Ils apprenaient la venue du messie annoncé par les écritures saintes, l’accomplissement des prophéties et l’enseignement de Jésus Christ à des Hébreux préparés à cette annonce par leur religion. C’est comme cela que toutes ces Eglises ont pu être fondées aussi rapidement.

Croix chrétienne orientale traditionnelle, figurant l’oeuvre d’évangélisation par les Apôtres aux 4 coins du monde connu – c’est cette tradition qui est à l’origine de la forme des croix trilobées.

Entre autres, pour les principales, il faut mentionner la Judée-Palestine, à Jérusalem (Eglise fondée avec Marie et tous les Apôtres, placée sous l’autorité de Jacques le mineur), l’Espagne (Jacques le majeur), Rome avant l’an 35[2] (Pierre et Paul, Marc), le monde grec (André), notamment Antioche (Pierre, Paul et Barnabé, Antioche, la « couronne de l’orient », étant alors capitale de Syrie, à la confluence des sphères latino-grecques et araméennes), Ephèse (Jean, Paul) et dans le Pont (Philippe), l’Éthiopie (Matthieu), Alexandrie en Egypte (Marc), les rivages de la mer noire (André), la Grande Arménie et le Caucase (Nathanaël dit Barthélémy et Jude dit Thaddée), l’Arabie (Simon) et la Jordanie (Matthias), la Mésopotamie, notamment à Ninive et Ctesiphon (Nathanaël dit Barthélémy, Jude dit Thaddée, Thomas), l’Inde (Thomas) et jusqu’à la Chine, en commençant par Lianyungang, le port extrême-oriental de la route maritime de la soie et Luoyang, la capitale d’alors de l’Empire (Thomas)[3].

Saint Thomas en habit de grand prêtre (évêque) sur la frise de Kong Wan Shan (datée de l’an 70)
http://www.eecho.fr/category/christianisme-apostolique/thomas-en-chine/
(il porte le pétalon au front et la tiare)

Ces communautés de première génération ont toutes été fondées entre l’an 30 (Jérusalem) et 65 (Luoyang) : les « 72 » et nombre d’autres premiers chrétiens ont été dispersés en 32 (assassinat d’Etienne), c’est-à-dire qu’ils ont dû alors fuir la Judée Palestine ; les Apôtres ont été dispersés en 37 avec la persécution que déclencha Hérode Agrippa à son avènement (Jacques le mineur, dit le Juste, restant quant à lui à Jérusalem). Cette persécution mena à la mort de Jacques le majeur, décapité en 44.

Ces Eglises étaient composées initialement quasi exclusivement d’Hébreux araméophones (judéo-chrétiens, comme Jésus et les douze Apôtres). Leurs communautés ont peu à peu intégré à elles-mêmes les populations locales. Cela leur était facile car elles connaissaient très bien leurs coutumes et religions. Elles parlaient leurs langues du fait de leurs relations commerciales, diplomatiques, ou de voisinage, et du fait aussi que ces communautés de la diaspora comportaient déjà des prosélytes convertis à la loi de Moïse issus des « Nations », c’est à dire issus des différents populations locales ! C’est ainsi qu’ont été créées les différentes Eglises des premiers siècles. Leur étude montre que l’intégration a été à chaque fois jusqu’à la fusion avec ces populations locales (« l’inculturation » selon le vocable chrétien), jusqu’à abandonner l’isolement ethnique des Hébreux, et à abandonner la langue araméenne pour utiliser les langues vernaculaires. L’araméen a pu cependant, selon les cas, être conservé comme langue liturgique, comme en Inde[4] – et il a, bien sûr, été conservé dans les territoires où il était la langue majoritaire, comme en Judée-Palestine, Syrie et dans toute la Mésopotamie. La seule Eglise à n’avoir pu intégrer massivement de populations locales païennes était celle de Jérusalem, puisqu’il n’y en avait que très peu sur place. C’est paradoxalement pour cela que le conflit entre les chrétiens observants de la loi de Moïse et les (rares) chrétiens locaux non observants s’y est posé avec une acuité toute particulière : avant la première Guerre Juive (66-70), les chrétiens locaux, quasi tous judéo-chrétiens, y vivaient en bons Juifs sous la loi de Moïse. Comptant dans leurs rangs d’anciens pharisiens convertis, ils continuaient de fréquenter le Temple et les synagogues, et leurs congénères juifs non chrétiens, ou non encore chrétiens[5]. Ces derniers, hormis les pharisiens et autorités liées au Temple qui s’opposaient à eux, et quelques autres courants, les considéraient alors comme des Juifs suivant l’enseignement ou halakha du rabbi Jésus[6]. Jacques (le mineur), chef de l’Eglise de Jérusalem, était vu par tous, chrétiens comme non chrétiens, comme « le Juste », c’est-à-dire comme particulièrement droit dans l’observance de la loi de Moïse. La réflexion sur la caducité ou non de la loi de Moïse n’était donc pas aussi libre à Jérusalem qu’ailleurs, ce qui explique que les discussions locales à ce sujet aient pu s’y envenimer[7].

GlobalMap_Journey_of_Thomas
Les grands empires du 1er siècle : l’Empire romain n’était qu’un parmi d’autres. L’histoire traditionnelle du christianisme, réalisée principalement par des historiens occidentaux, en fait à tort une religion « romano-centrée », hypertrophiant sa dimension occidentale et occultant sa dimension orientale.

Cet éclaircissement des origines de l’Eglise et de sa dimension universelle dès les premiers temps, bien au delà du seul Empire romain, invalide toutes les conceptions d’un christianisme tardif, que certains imaginent  comme paulinien (inventé par Saint Paul) ou post-paulinien, inventé par des pagano-chrétiens gréco-romains, par Constantin ou même par des conciles lointains. Si le christianisme était paulinien, ou plus tardif encore, comment alors expliquer l’existence des Eglises chrétiennes non fondées par Saint Paul ? Si la foi chrétienne avait été inventée par des pagano-chrétiens romains ou grecs, comment expliquer que l’on ait retrouvé la même ouverture aux populations païennes dans toutes les Eglises fondées dès les origines dans le monde entier ? Comment expliquer surtout que ces Eglises présentent la même foi chrétienne, le même credo – le Symbole des Apôtres, qui affirme avec force la foi trinitaire chrétienne – particulièrement les Eglises situées en dehors de la sphère grecque et latine que Paul n’a jamais visitées (Ethiopie, Mésopotamie, Mer Noire, Caucase, Inde, Chine…) ? Les chrétiens furent d’ailleurs majoritairement des non latins et des non grecs, jusqu’aux XIII-XIVe siècles. C’est donc que cette foi était déjà celle des Apôtres et des disciples qui ont fondées ces Eglises. La foi chrétienne, c’est historiquement la foi des Apôtres. Et c’est donc aussi celle de Jésus-Christ, à moins de supposer qu’en l’espace de deux années (entre 30 et 32, date de la première dispersion des premiers judéo-chrétiens), les douze Apôtres aient comploté de  concert pour modifier tout l’enseignement (supposé « islamique ») de leur maître Jésus, dans un plan tordu et machiavélique – et qui plus est un plan complètement incompréhensible et stupide puisqu’aucun des Apôtres n’y aurait alors gagné quoi que ce soit si ce n’est le martyre… Quand on s’occupe d’Histoire, les explications les plus simples sont généralement les plus véridiques : il faut se rendre à l’évidence historique, le Jésus islamique n’a jamais existé, et la foi chrétienne et bel et bien ancrée très solidement dans la vérité historique.

Reproduction encouragée avec mention de la source : http://jesusoumohamed.com


[1] D’après les travaux mis en avant par l’association EEChO : Etienne Nodet & Justin Taylor, Essai sur les origines du christianisme (2002, Cerf), P. Frédéric Guigain pour ses traductions des Evangiles depuis la Peshitta (5 volumes, Editions Cariscript) et son Exégèse d’oralité (2 tomes, Editions Cariscript), Pierre Perrier (Evangiles de l’Oral à l’Ecrit, 2000, Fayard – Le Sarment, Les Colliers Evangéliques, 2008, Fayard – Le Sarment, Thomas fonde l’Eglise en Chine, 65-68 après Jésus-Christ, 2008, Le Sarment Editions du Jubilé, coécrit avec Xavier Walter)

[2] Ce qui explique la condamnation du christianisme par le Sénat Romain comme superstitio illicita dès l’an 35 (M. Sordi – I. Ramelli, Il senatoconsulto del 35 contro i Cristiani in un frammento porfiriano, «Aevum» 78, 2004, et http://www.eecho.fr/christianisme-supertitio-illicita-a-rome-2/) ; voir également les travaux mentionnés en note [1]

[3] http://www.eecho.fr/category/christianisme-apostolique/thomas-en-chine/
On pourra découvrir ces travaux en débutant par cette interview de Pierre Perrier : Thomas fonde l’Eglise en Chine

[4] C’est toujours le cas aujourd’hui dans les Eglises Syro-Malankare et Syro-Malabare d’Inde (catholiques ou orthodoxes)

[5] Comme montré par Dan Jaffé (Le judaïsme et l’avènement du christianisme: Orthodoxie et hétérodoxie dans la littérature talmudique Ier-IIe siècles, Cerf, 2005) et dans ses conférences de mars 2007 au Collège des Études juives de l’Alliance israélite universelle (diffusion via Akadem) http://www.akadem.org/sommaire/colloques/rome-jerusalem-ou-qoumran-d-ou-vient-le-christianisme-/le-talmud-et-l-exclusion-du-judeo-christianisme-19-06-2007-6970_4205.php

[6] Ce qui n’a pas empêché des persécutions, sporadiques au début, liées à la colère des pharisiens (martyre d’Etienne, dispersion des 72), à la prétention du roi Hérode d’Agrippa d’être lui-même le messie (dispersion des Apôtres, martyre de Jacques le majeur), aux ambitions de la haute hiérarchie sacerdotale du Temple, puis de plus en plus fortes à mesure que s’étendait l’agitation nationaliste qui mena à la première Guerre Juive et à laquelle les chrétiens ne voulurent pas participer.

[7] Ac 15

Auteur : Jésus ou Mohamed ?

Collectif de catholiques engagés dans la nouvelle évangélisation auprès des musulmans

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