Manifeste des quatre « vérités chrétiennes » de l’islam

Le manifeste des quatre « vérités chrétiennes » de l’islam

Qu’est-ce qu’un catholique peut-il penser de l’islam et des musulmans  ?

Le seul salut sur cette terre est en Jésus Christ
L’islam empêche les musulmans de le recevoir. Dans ce sens, il ne peut pas être une voie de salut
La similarité entre islam et christianisme n’est qu’apparence
Le nécessaire dialogue entre chrétiens et musulmans doit être refondé sur la question du salut

Notre époque tourmentée voit s’accumuler les déclarations et initiatives malheureuses de chrétiens fondées sur des jugements faux au sujet de l’islam. Le relativisme, pourtant condamné par tous les Papes[1], se répand, voulant faire de l’islam une voie de salut, une sorte de « christianisme voulu par Dieu pour les musulmans ». A cela peuvent s’ajouter des logiques racistes ou idéologiques qui voudraient faire croire que les musulmans ne seraient pas dignes du salut en Jésus Christ, et que l’islam serait bien assez bon pour eux comme cela.

Certes il peut aussi être très légitimement difficile ou impossible à des responsables chrétiens d’exprimer clairement leur point de vue sur l’islam. On se souvient de l’ébullition qui a pris nombre de musulmans à la suite du discours de Ratisbonne[2] – et des morts ! Il ne saurait être question par ailleurs de saccager les initiatives de dialogue institutionnel, requérant tact, diplomatie et préséance.

Voici pourquoi nous, catholiques engagés dans l’étude de l’islam, le dialogue islamo-chrétien et l’annonce de la Bonne Nouvelle, avons souhaité publier ce petit manifeste, afin de rappeler à tous quelques vérités de foi chrétienne (catholique), quelques vérités historiques, de bon sens aussi, qui doivent fonder et guider l’action des chrétiens vis-à-vis des musulmans. Il y va du salut de tous !

 

Le seul salut sur cette terre est en Jésus Christ

La délivrance du mal nous est donnée par le baptême et la vie sacramentelle, faisant entrer ici-bas dans la vie éternelle du Royaume, la vie en communion avec Dieu, par Jésus Christ, dans l’Esprit Saint. C’est ainsi que chaque homme est appelé à partager la vie et la joie de Dieu.

L'icône de la Croix Glorieuse

Certes, des musulmans – le plus grand nombre possible, espérons-le – pourront être sauvés dans l’au-delà et à l’accomplissement des siècles selon le jugement du Seigneur (Jn 3,17-21 ; Mt 25,31-46 ; Mt 22, 1-14), mais, au milieu des périls de ce monde livré à l’emprise du mal (2 Co 4,4), sans les secours de l’Esprit Saint reçu au baptême et sans ceux des sacrements, travaillés par les tourments intérieurs de l’incertitude de leur propre salut, beaucoup risquent de se perdre.

 

L’islam empêche les musulmans de recevoir le salut en Jésus Christ sur cette terre. Dans ce sens, il ne peut être une voie de salut

L’islam fait croire aux musulmans que Jésus aurait été musulman et prophète de l’islam, et donc fait croire que Jésus ne serait pas sauveur par lui-même.

L’islam fait croire aux musulmans que la foi chrétienne serait une déformation tardive de la « voie droite » qu’aurait enseignée le Jésus musulman, et dont les chrétiens se seraient dévoyés, au point d’être appelés « égarés » par le Coran[3]. L’islam rend ainsi inaudible la parole chrétienne, et en particulier l’annonce de la Bonne Nouvelle

L’islam enferme les musulmans dans de fausses perspectives de salut :

  • Croire que le salut du monde tiendrait dans son islamisation pleine et entière (l’application totale des commandements de l’islam sur toute la terre[4]).
  • Croire que le salut des personnes – l’entrée au « jardin-paradis » après la mort – ne serait réservé qu’aux seuls musulmans, c’est-à-dire à ceux ayant prononcé la shahada, ou attestation de foi musulmane[5] et appliquant les commandements de la loi de l’islam.

Ces fausses perspectives de salut encombrent le cœur des musulmans. Ils ne peuvent ainsi entendre la Bonne Nouvelle car la place est déjà prise !

L’islam, par ses textes, sa vision du monde et sa dynamique historique recèle un potentiel dramatique de violence et de persécution :

  • L’islam procède à une division systématique de l’humanité en deux camps définis en des termes politiques : celui des musulmans (voire celui que constitueraient les seuls « bons musulmans »), qui en « ordonnant le convenable» et en « interdisant le blâmable » constituent ainsi la « meilleure des communautés » (S3,110), c’est à dire le camp du bien, et celui de tous les autres, nommément les « alliés du Diable » du fait de leur seule mécréance (S4,76), c’est-à-dire le camp du mal, qui, par sa seule existence s’oppose à ce que le camp du bien puisse « ordonner le convenable » et « interdire le blâmable ». Il n’est dès lors même pas besoin de légitimer la violence par tel ou tel verset coranique, telle ou telle conduite de Mahomet : la partition de l’humanité entre camp du bien et camp du mal est le fondement moral à toutes les violences et toutes les persécutions des méchants, les mécréants, par les bons, les musulmans, hier, aujourd’hui et demain.
  • La loi musulmane, découlant directement du Coran immuable et de la biographie prêtée à Mahomet, n’expulse pas le mal mais en codifie les modalités : infériorisation dramatique de la femme (statut d’éternelle mineure, polygamie, violences…), légitimation de la « guerre sainte » (jihad) et de la violence « au nom de Dieu », humiliation des dhimmis (Juifs et chrétiens), légitimation des exactions envers les non musulmans, violences envers les apostats, conversions forcées…
  • Bien sûr et heureusement, de nombreux musulmans n’appliquent pas à la lettre les commandements violents de leur tradition et de leurs textes, et ont pu en développer au cas par cas des lectures plus ou moins spirituelles ou ésotériques. Restent la littéralité des textes sacrés et la partition idéologique de l’humanité entre camp du bien et camp du mal, que même ces musulmans-là continueront de transmettre, et qui pourront toujours être interprétés dans le sens de la violence, comme ils l’ont été si souvent et de manière accablante au cours de l’histoire.

Il ne saurait cependant être question de confondre l’islam avec les personnes musulmanes, ni l’islam avec leurs propres recherches et expériences de Dieu : comme toutes les personnes, les musulmans cherchent Dieu et sont appelés à le rencontrer. On ne peut cependant rencontrer Jésus Christ, Seigneur et sauveur, dans le chemin tracé par l’islam, même dans ses courants prônant la quête personnelle de Dieu.

 

La similarité entre islam et christianisme n’est qu’apparence

L’islam a « emprunté » au christianisme, qui le premier les a introduites dans l’Histoire (Spe Salvi 2-4), les espérances du salut personnel et du salut du monde (et de là le concept du sens inéluctable de l’Histoire).

Il n’y a pas de mystère, « d’inspiration » ou d’épisode mystico-divin présidant à l’apparition de l’islam ou du Coran : l’islam n’a rien inventé ni « révélé » qui n’existait déjà dans les divers courants politico-religieux du Moyen-Orient du VIIe siècle, chrétiens, juifs, païens, postchrétiens et ex-chrétiens[6].

Les analogies font croire à tort en une convergence entre islam et christianisme, mais elles ne sont que faux-semblants :

  • Certes, il n’y a qu’un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre, mais peut-on dire que chrétiens et musulmans adorent le « même Dieu » lorsqu’affirmer que Dieu s’est incarné en Jésus Christ constitue un blasphème abominable et impardonnable en islam ? (S4,48 ; S5 ,72)
  • Les figures d’apparence biblique présentées par le Coran et la tradition musulmane – Abraham, Isaac, Noé, Joseph, Moïse, David, Salomon, Marie, Jean le Baptiste, Jésus… – ne sont pas les figures bibliques mais des figures musulmanes. L’islam n’est pas une religion biblique.
  • La figure de la Vierge Marie en particulier ne représente pas un point commun entre islam et christianisme : elle n’est pas vénérée en islam (ce serait de l’idolâtrie et de « l’associationnisme », cf. S5,116), mais hautement considérée, ou invoquée, en tant que mère du Jésus musulman[7]; elle est vénérée dans la foi chrétienne car, en tant que mère de Dieu, mère de l’Eglise (CEC 501) et première sainte (« la Toute Sainte » – CEC 493), elle constitue une passerelle vers Dieu. La piété mariale chrétienne est fondée sur la christologie chrétienne ; sans celle-ci, elle ne serait qu’idolâtrie. Ce qui n’en fait pas moins de la Vierge Marie une voie de rapprochement entre personnes chrétiennes et musulmanes (et non entre religions), en vue d’une annonce, d’une catéchèse ou d’un dialogue de salut.

L’islam se définit, entre autres, dans l’opposition systématique et sans équivoque  au christianisme :

  • Son attestation de foi est spécifiquement une négation de la Sainte Trinitépas de divinité en dehors de Dieu»), ses écrits condamnent absolument l’incarnation de Dieu en Jésus (l’associationnisme fustigé très violemment par le Coran, cf. S4,48, S5,72 ou S5,116) ; ils condamnent également la divinité du Saint Esprit.
  • Les chrétiens – et les Juifs – sont maudits quotidiennement dans la prière rituelle (jusqu’à 25 récitations de la Fatiha, la 1ère sourate coranique qui qualifie les chrétiens « d’égarés» de la « voie droite » voulue par Dieu).
  • Les chrétiens sont vilipendés par le texte coranique (sous le vocable de « Gens du Livre », « d’associateurs » et de « nazaréens »), texte qui va jusqu’à demander à Dieu qu’Il les anéantisse (S9,30).
  • Les chrétiens sont condamnés par le Coran et la tradition musulmane à subir le sort des dhimmis (impôt spécifique, traitement humiliant, limitations du culte, statut d’infériorité et d’impureté).

 

Pour un dialogue de salut entre chrétiens et musulmans

Si nous avons certes à être des artisans de paix, et à « protéger et promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté » (Nostra Aetate, 3), il s’agit là d’une action politique que chrétiens et musulmans ont à entreprendre pour le Bien Commun, comme le font leurs plus hauts responsables. Elle ne procède pas en tant que telle de l’annonce explicite de la Bonne Nouvelle et du témoignage de foi auprès des musulmans, même si ces derniers éléments peuvent s’y trouver mêlés.

L’annonce explicite de la Bonne Nouvelle aux musulmans relève elle du commandement direct donné par Jésus Christ de « faire des disciples ». Elle est de la première urgence auprès des musulmans, eux que l’Eglise « regarde avec estime » (Nostra Aetate, 3), eux qui sont aimés de Dieu qui veut absolument les sauver par son fils Jésus Christ – « le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans » (Lumen Gentium, 16) – mais eux que la doctrine islamique écarte de ce salut ici-bas. C’est par le dialogue interreligieux, personnel comme institutionnel, que pourra se faire l’annonce de la Bonne Nouvelle du Salut, comme le demande l’Eglise. Même si le dialogue institutionnel, particulièrement aux plus hauts niveaux, est par nature (très) contraint dans ce but par sa dimension politique et diplomatique. Citons l’exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Europa de sa Sainteté le Pape Jean-Paul II (2003) :

55 – Comme pour tout l’engagement de la « nouvelle évangélisation », il faut également, en ce qui concerne l’annonce de l’Évangile de l’espérance, que soit instauré un dialogue interreligieux profond et intelligent, en particulier avec le judaïsme et avec l’islam. « Entendu comme méthode et comme moyen en vue d’une connaissance et d’un enrichissement réciproques, il ne s’oppose pas à la mission ad gentes, au contraire il lui est spécialement lié et il en est une expression ». Dans ce dialogue, il n’est pas question de se laisser prendre par une « mentalité marquée par l’indifférentisme, malheureusement très répandue parmi les chrétiens, souvent fondée sur des conceptions théologiques inexactes et imprégnées d’un relativisme religieux qui porte à considérer que « toutes les religions se valent” » (…)
57 – (…) En particulier, il est important d’avoir un juste rapport avec l’islam. Comme cela s’est révélé plusieurs fois ces dernières années à la conscience des évêques européens, ce rapport « doit être conduit avec prudence, il faut en connaître clairement les possibilités et les limites, et garder confiance dans le dessein de salut de Dieu, qui concerne tous ses fils ». Il faut être conscient, entre autres, de la divergence notable entre la culture européenne, qui a de profondes racines chrétiennes, et la pensée musulmane. A cet égard, il est nécessaire de préparer convenablement les chrétiens qui vivent au contact quotidien des musulmans à connaître l’islam de manière objective et à savoir s’y confronter.

Nous appelons donc à fonder le dialogue interreligieux sur la question du salut, comme demandé par l’Eglise et dans les limites claires données par l’Écriture (Mt 10,14 et Luc 9,5 ; Mt 7,15 ; 2 Jn 1,7-11 ; Ga 1,8-9 ; 2 Co 6,14-16). Les questions du salut du monde et de l’humanité, celui des musulmans et celui des non-musulmans, doivent y être centrales. Il ne faut pas avoir peur de « mettre les pieds dans le plat » en interpellant nos interlocuteurs musulmans sur les thématiques délicates, sur la doctrine et sur les points de friction – les éléments « qui nous rassemblent » ayant de toute façon largement été abordés et développés par le dialogue islamo-chrétien institutionnel depuis une cinquantaine d’années.

En particulier, il convient d’interpeller fraternellement mais vigoureusement nos frères musulmans sur les questions du statut de la femme, créée à l’image de Dieu et égale en dignité à l’homme, sur le traitement qu’ils réservent aux non-musulmans, ainsi que sur le respect de la liberté de conscience et de la liberté religieuse.

Reproduction encouragée avec mention de la source : http://jesusoumohamed.com


[1] Cf. Ecclesia in Europa, 55, cité ci-dessus

[2] Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Discours_de_Ratisbonne#Musulmans

[3] La Fatiha (1ère sourate du Coran), cœur de la prière rituelle musulmane définit ainsi la « voie droite » :

S1,6-7 : « Guide-nous dans la voie droite, la voie de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère [les Juifs, selon l’exégèse musulmane unanime], ni des égarés [les chrétiens, selon l’exégèse musulmane unanime] »

[4] C’est le sens de l’Histoire selon l’islam : les musulmans sont tenus d’éradiquer le mal du monde par eux-mêmes en « ordonnant le convenable » et en « interdisant le blâmable » (S3,110), sachant que quoi qu’il arrive, à la fin des temps, le monde deviendra musulman à la suite des évènements apocalyptiques (venue de l’Antichrist-dajjal, redescente de Jésus, apparition du Mahdi et « Jour du Jugement »…)

[5] « J’atteste qu’il n’y a pas de divinité en dehors de Dieu et que Mahomet est l’envoyé de Dieu »

Sa proclamation devant témoin et en conscience fait de celui-là un musulman, promis au paradis (quand bien même ces derniers pourraient être appelés à goûter aux tourments de l’enfer pour une période plus ou moins longue selon la bonne ou mauvaise conformation de leur vie aux commandements de l’islam)

[6] Cf. l’islamologue Roger Arnaldez († 2006) dans sa lettre au P. Maurice Borrmans du 7 septembre 1994 : « Que peut-on tirer d’un tel livre [le Coran] qui ait quelque valeur et qui ne se trouve pas déjà, sous une forme incomparablement plus parfaite dans l’Ancien ou le Nouveau Testament ou dans les ouvrages anciens (antérieurs à l’Islam) de la tradition juive ou chrétienne ? »

[7] Au passage, il faut savoir que nombre de récits coraniques sur Marie sont en fait dérivés d’écrits apocryphes chrétiens, en particulier du Protévangile de Jacques

Auteur : Jésus ou Mohamed ?

Collectif de catholiques engagés dans la nouvelle évangélisation auprès des musulmans

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